Après la condamnation du Pasteur Kas, la Lizadeel, via Me Jacob Tshituka, éclaire l’opinion sur la réinsertion sociale de la victime

La Rédaction • 12 janvier 2026

Après la condamnation du Pasteur Kas, la Lizadeel, via Me Jacob Tshituka, éclaire l’opinion sur la réinsertion sociale de la victime

Reconnu coupable de viol sur mineure, faux et usage de faux ainsi que de mariage forcé, le pasteur Pierre Kasambakana, ainsi que son beau-père Daniel Nzuzi Mabiala, père de la jeune Méda, ont été condamnés à 11 années de servitude pénale chacun, au terme d’un verdict rendu le week-end dernier.


Si cette décision judiciaire a été globalement saluée par l’opinion publique nationale, elle soulève toutefois une préoccupation majeure : celle de la prise en charge et de la réinsertion sociale de la jeune victime. Dans une interview exclusive accordée au média Le Regard, Me Jacob Tshituka, membre du collectif d’avocats de la LIZADEEL (Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et des Élèves), a apporté des éclaircissements sur les démarches à entreprendre pour accompagner la victime dans cette phase délicate.


Organisation non gouvernementale engagée dans la protection des droits de l’enfant en République démocratique du Congo, sans distinction de nationalité, la LIZADEEL est à l’origine de la plainte ayant conduit à la condamnation du pasteur et de son beau-père.

Selon Me Tshituka, l’intervention de la LIZADEEL s’inscrit strictement dans le cadre légal de la protection de l’enfant :

« Méda étant mineure, âgée de moins de 18 ans, la LIZADEEL n’a fait que remplir sa mission, même si l’enfant elle-même n’est pas encore en mesure de mesurer pleinement la portée de la protection qui lui est accordée. C’est comparable à un enfant qu’on empêche d’entrer dans une forêt dangereuse et qui pense, à tort, qu’on agit contre lui », a-t-il expliqué.

L’avocat est également revenu sur les tentatives de falsification de documents visant à modifier l’âge réel de la victime :

« Le père de la jeune fille a voulu induire la justice en erreur en altérant des documents. Or, le certificat délivré par le ministère de l’EPST lors de l’ENAFEP attestait clairement de l’âge exact de l’enfant. Affirmer sans preuve que la fille était majeure ne pouvait pas suffire. Les documents officiels ont établi sa minorité, et aucune preuve contraire n’a été produite », a-t-il précisé.

Concernant la réinsertion sociale de la victime, Me Tshituka indique que celle-ci dépend avant tout de la disponibilité de la famille biologique :

« La remise de l’enfant à sa famille ne peut se faire qu’avec l’accord d’un membre prêt à l’accueillir et à l’encadrer. À défaut, la loi prévoit qu’elle puisse être confiée, par décision du juge pour enfants, à une personne de bonne moralité ou à une structure spécialisée, d’autant plus que le père biologique a été déchu de son autorité parentale. C’est cela, la réinsertion sociale », a-t-il expliqué.

Interrogé sur le lieu de résidence de la victime après la condamnation, l’avocat a souligné que, sur le plan légal, la jeune fille n’aurait pas dû continuer à vivre dans l’environnement du pasteur Kasambakana. Toutefois, il précise que le droit de l’enfant impose une approche prudente :

« En matière de protection de l’enfant, il est déconseillé de recourir à la contrainte brutale. L’avis de l’enfant est également pris en compte. Le risque majeur aurait été qu’elle continue à cohabiter avec son agresseur, ce qui n’est plus le cas », a-t-il indiqué.

Me Tshituka a par ailleurs dénoncé certains enseignements véhiculés au sein de l’Église Primitive, dirigée par le pasteur condamné, citant notamment des propos faisant la promotion du mariage de jeunes filles âgées de 15 ou 16 ans, qu’il qualifie de contraires à la loi et aux valeurs de protection de l’enfance.

Dans ce contexte, la LIZADEEL annonce son intention d’engager des actions en vue de sanctions contre cette église, estimant que son fondateur ne répond plus aux critères de moralité requis. L’ONG salue néanmoins la condamnation judiciaire, qu’elle considère comme un signal fort adressé à toute personne tentée de violer les droits de l’enfant, tels que garantis par la législation congolaise.


L’organisation affirme également être mobilisée pour assurer la reprise de la scolarité de Méda, interrompue à la suite de ces événements, ainsi que pour venir en aide à d’autres victimes de violences qui se trouveraient encore sous l’emprise du même environnement.



Enfin, la LIZADEEL réaffirme sa détermination à œuvrer sans relâche pour la défense des droits des enfants, des élèves et des personnes vulnérables, avertissant que toute atteinte à l’intérêt supérieur de l’enfant fera l’objet d’actions fermes et continues.

par La Rédaction 19 mars 2026
Une affaire de harcellement sexuel impliquant une mineure dans la commune de Limete a été portée à la connaissance de la Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves, (LIZADEEL). Résidante sur l'avenue Bobozo, 7eme rue/quartier industriel dans la commune de Limete, la jeune fille âgée de 14 ans, a été soumise à une situation de harcellement par un homme présenté comme âgé de 23 ans. Selon la mère génitrice la victime, cette affaire remonte à il y a deux ans. Elle souligne à cet égard que l’enfant, visiblement enceinte, a été systématiquement contrainte à donner un consentement forcé, et appelle à ce que la justice soit rendue à l’encontre de l’auteur des faits. Ce cas de harcèlement visant des mineures à travers la capitale n’est pas isolé. Il relance le débat sur la protection des enfants et la lutte contre les viols perpétrés à l'insu des organisations de défenses des droits des personnes vulnérables. Dans les rues de Kinshasa, des jeunes filles à bas âge subissent des situations dont elles ont du mal à s'en sortir. Raymond Okeseleke
par La Rédaction 19 mars 2026
La Ligue de la Zone Afrique pour la Défense des Droits des Enfants et Élèves (LIZADEEL) organise, incessamment à Kinshasa, la troisième édition du concours « Mathématiques au féminin », une initiative visant à valoriser les compétences des jeunes filles dans les disciplines scientifiques. D’après Mme Esther Kay, Program manager et initiatrice du concours, cette activité s’inscrit dans le cadre d’un programme de lutte contre les inégalités de genre dans les filières scientifiques ainsi que dans les carrières dites sensibles en République démocratique du Congo. Conçu avec une vision nationale, ce programme se déploie en trois phases et ambitionne de s’étendre progressivement dans d’autres provinces du pays. À Kinshasa, cette troisième édition couvrira les cinq provinces éducationnelles, à savoir Lukunga, Funa, Tshangu, Plateau et Mont-Amba. Elle se déroulera en trois étapes : la phase de lancement est prévue le vendredi 20 mars 2026 avec la participation de 400 candidates ; la deuxième phase interviendra le 27 mars avec 250 participantes ; enfin, la troisième phase prévue le 3 avril 2026, réunira 150 candidates. Soutenue par plusieurs partenaires, dont Airtel, cette initiative vise à promouvoir l’excellence scientifique chez les jeunes filles, à déconstruire les stéréotypes de genre et à démontrer que les femmes disposent pleinement des capacités nécessaires pour évoluer dans des domaines longtemps considérés comme réservés aux hommes. Raymond Okeseleke
par La Rédaction 12 janvier 2026
RDC/Justice : Impayée depuis 20 ans, une greffière de Kasangulu entre la vie et la mort, alerte la Lizadeel